SEIJI YOKOYAMA (Compositeur).

    Né un 17 mars 1935 à Hiroshima, très tôt attiré par la musique, le jeune Seiji se destine à être compositeur. Il quitte donc sa famille pour Tôkyô et s'inscrit au Conservatoire National de Musique, où il suit les cours de la filière "direction d'orchestre", seule option envisageable pour celui qui ne savait alors jouer d'aucun instrument. Il obtient son diplôme en 1957, et se lance plein d'espoirs dans la profession.

    Il débute réellement l'année suivante avec la bande-son d'un film intitulé Yoru Ha Ore no Monoda, sortis en salle le 13 juillet 58. Mais ce n'est que trois ans plus tard qu'il poursuit son parcours avec un autre film, Kaikyô Chi Ni Sonuru (sortis en salles le 1er octobre 61) et la série Monoshiri Hakase sur NHK. Courant 68 il compose pour deux films, Kenshô et Ojiichanga Kaizoku Dattakoro. En 69, on le retrouve en train de réaliser les arrangements des musiques de Tottoko, une petite série sans envergure, mais aussi sur Wonder-kun no hatsu yume uchû ryôkô (Le premier rêve de Wonder-kun, le voyage intersidéral), un court-métrage ou téléfilm d'animation (ce que les japonais appellent un "Special Program") de 20 minutes, d'après le grand Osamu Tezuka, puis sur la série Taitoru Kashu Sakushi. Il réalise ensuite les musiques de Koori no kuni no Misuke (Misuke du pays des glaces, 1970) et Minami e itta Misuke (Misuke s'en va vers le sud, 1971), deux courts-métrages de 15 minutes chacun environ, toujours tirées de l'imagination d' Osamu Tezuka.

    De 72 à 74, il réalise les arrangements sur deux chansons de la série Kagaku Shinobu monotai Gatchaman (La bataille des planètes en VF), les musiques d'un feuilleton radio pour NHK-radio (Ohanashi detekoi), les arrangements de Kanta Kanarido (72), une chanson populaire, les musiques de Kakikukeko Kakikukeko (73), un autre programme de NHK-radio qui remporta le "Prix international du meilleur programme éducatif" et également le "Prix du Ministère de l' Education japonais", les musiques de Ginga terebi shôsetsu ikite ai shite - Takamura Kôtarô (73), un documentaire pour NHK-TV cette fois, et enfin les musiques de fond, les musiques des génériques de début & de fin de la très sympathique série Konchû monogatari shin-minashigo Hutchy (Les nouvelles aventures de l'insecte Hutchy, 74), série apparue en France sous le nom Hacou l'abeille, et à laquelle participait déjà Takao Koyama.

    Puis, pendant 3 ans, le maître semble se concentrer davantage sur des compositions personnelles (Yokoyama a également composé et / ou arrangé un grand nombre de "Folksongs", des chansons populaires ou d' écoles !). On le retrouve en 77 sur Chôgattai majutsu Robo Gingaizer, une série de 26 épisodes relativement populaire au Japon, dont il a composé les musiques de fond ainsi que les musiques des génériques de début et de fin. De 78 à 79, il compose pour Kyôryû-Sentai Koseidon, une série Sentai.

    Puis on trouve l'oeuvre sans doute la moins "obscure" à nos yeux dans tout ce que je vous ai déjà cité, Uchû kaizoku Captain Harlock (Capitaine Harlock, le pirate de l'espace - 42 épisodes, 78 à 79, série à laquelle participa également le décorateur de Saint Seiya, Tadao Kubota), dont il composa non seulement les BGM (sublimes !) mais aussi les arrangements de toutes les chansons, y compris d'une Image song et de l'Opening et de l'Ending. C'est également à cette époque qu'il créé les musiques d'un feuilleton radio basé sur l'oeuvre de Leiji Matsumoto, Space Fantasy Emeraldas, et sur lequel Kazuko Kawashima interprétait déjà la mélopée du "Emeraldas no Thema", le thème d' Emeraldas, thème principal de la composition. Il termine l'année 79 avec les BGM pour Honô no chôjin Megaloman (Le super héros ardent Megaloman, 31 épisodes).

C'est en 1980 que Yokoyama trace sa voie vers Saint Seiya. Engagé par la Toei pour composer les OST ainsi que les musiques du générique de fin du TV special Yami no teiô kyûketsuki Dracula (Le vampire Dracula, empereur des ténèbres), un téléfilm produit par Yoshifumi Hatano, futur producteur de Saint Seiya pour la Toei Dôga, lequel repère très vite chez le compositeur les marques d'un talent inouï qui ne demande qu'à être exploité correctement ! La choriste Kazuko Kawashima travaillait également avec lui sur cette oeuvre. La même année, il compose pour l' Image Album de Kaze to ki no uta, sur lequel on peut entendre la voix sublime de Kazuko Kawashima, une nouvelle fois.

    S'en suit semble t-il une nouvelle petite période d'interruption (peut-être consacrée aux multiples arrangements de chansons, de "Volkslied" ou de groupe qu'il réalisera tout au long de sa carrière), entérinée en 82 avec les OST pour Furôkumo (Egalement listé Haguregumo, "Nuage errant", produit par Satonori Imada, le célèbre et futur producteur de Saint Seiya.), ou les aventures d'un samouraï par Jôji Akiyama. L'année 82 inaugure d'ailleurs une phase de grande fertilité artistique, au cours de laquelle il compose les musiques pour Yasei yo eien nare ! Korega kitakitsune da (Un film de la Nippon TV qui reçut le "Prix du cabinet du Premier Ministre" dans le cadre d'un programme de protection de la nature et des animaux), Future War 198X (Long métrage de 125 minutes, sur lequel travailleront aussi Tomoharu Katsumata [réalisation], Isao Hatano [Effets sonores] et Yasuhiro Yoshikawa [montage], trois des futurs piliers du staff de Saint Seiya), et dessiné par Masami Suda (futur designer de Hokuto no Ken), oeuvre à laquelle participera également Kazuko Kawashima, Shônen Miyamoto Musashi wanpakuni to ryû (Téléfilm historique de la Toei Dôga, édité chez Life Work), Saikon ryokô satsujin jiken ~ Izumo De Shin Da Onna (Téléfilm, 82), Kikôkantai Dairaga XV (Série de 56 épisodes, 82-83, compositions et arrangements des BGM, des génériques de début et de fin, et trois image songs. Kazuko Kawashima est encore présente), Shônen to sakura (Le garçon et le cerisier), Aoi umi to shônen (L'océan bleu et le garçon), Otsuki sama to ôji (Monsieur Otsuki et le prince), trois OAV sortis en 83 par l'éditeur Shinano Kikaku et enfin Azusa 3 gô-satsujinjiken Kyôto- Shinshû Konzen Kuizu Ryokô no Wana (TV Drama, 83).

    C'est peut-être sur Saint Seiya que le véritable "style Yokoyama" prendra définitivement forme. Ce même style qui, et c'est plus qu'évident, va évoluer et se bonifier tout au long des 114 épisodes et des 5 films. De nouveaux instruments se greffent au fur et à mesure à l'orchestre, avec un résultat aussi beau qu'inattendu. Le charme agit dès la partie du Sanctuaire, mêlant musiques d'action entraînantes et musiques larmoyantes d'une émouvante beauté. Le Thème d'Athéna, pour ne citer que cet exemple... Mais il y en a beaucoup d'autres ! Pour beaucoup, il s'agit de la meilleure période. Mais sur ce point, les avis divergent. Un nouveau palier est franchit avec le film Asgard dont les choeurs et musiques slaves ont fait rêver les foules ! La série Asgard arrive dans la foulée, reprenant les thèmes du film pilote avec de nouvelles musiques toutes aussi réussies les unes que les autres et on assiste par la même occasion à l'introduction plus que remarquée de l'harmonica et de l'accordéon dans le répertoire du compositeur. La partie Poséidon, bien qu'ayant déçu au niveau scénario, n'a pas déçu au niveau musical. Cette fois, c'est l'utilisation sublimée de la mandoline (déjà entendue dans le splendide film Abel) qui touche les esprits...

Yokoyama "touche" à tous les instruments possibles et imaginables (classiques, à cordes, à vent, cuivres mais aussi de la guitare électrique), avec le résultat atypique que l'on connaît !

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